FÉVRIER 2018
Je suis contacté par Xavier Alfonso et Noam Perrakis: ils veulent mettre sur pied une Revue Improvisée pour la fin de l’année au Théâtre Barnabé de Servion. Ils cherchent un animateur et ont pensé à Benjamin Cuche et moi. Ils aimeraient nous faire présenter le spectacle en alternance.

Au départ, je préférerais être comédien et improviser dans ce projet ambitieux (Noam a parfois des idées de fou et c’est ce que j’apprécie chez lui: il voit grand). Mais, étant déjà engagé sur d’autres projets, notamment la comédie “Peindre à tout prix” de Viviane Bonelli, présenter en alternance la Revue me permet de concilier les deux spectacles.
Je propose à Noam de faire partie du comité artistique et de mettre mes connaissances et compétences de 20 ans d’improvisation pour la création du projet. Il accepte avec plaisir et je retrouve Noam Perrakis (production et direction artistique), Xavier Alfonso (comédien), Benjamin Cuche (présentateur) et Céline Rey (direction musicale) pour mettre en place ce spectacle de grande envergure. En plus de la création du concept, je m’attèle à l’écriture de parodies de chansons.

La création du concept est délicate:
Par expérience, l’improvisation a besoin d’un cadre, mais doit laisser totalement libre le comédien. Or, pour cette revue, 80m2 d’écrans vidéo seront à disposition pour les décors, 4000 costumes, des accessoires par milliers, ce qui ne va pas laisser libres les comédiens.
Pour un improvisateur, un décor est un puissant moteur, un soutien fabuleux, mais peut aussi s’avérer être une menotte.
Jouer sans décor permet de s’en détacher quand l’on veut: si l’improvisateur est dans une banque, représentée sur l’écran vidéo, que cette banque se fait braquer et qu’il se fait embarquer dans un fourgon pour être enfermé dans une cave, compliqué à mettre en place et difficile de suivre pour le public. Sans décor, l’imagination du spectateur étant mise à contribution par le comédien, ce dernier peut faire ce qu’il veut, d’autant plus que le public est conscient de la convention “pas de décor, tout est suggéré”.

Idem pour les accessoires: jouer les mains vides en mimant les objets que l’on utilise permet de s’en débarrasser rapidement, voire le modifier en un instant. Quand vous avez l’objet réellement en main, vous ne pouvez pas le faire disparaître.
La difficulté du projet réside également dans le fait que lors des représentations, les sujets qui ont fait l’actualité à traiter dans le spectacle sont proposés par le public: il est donc nécessaire pour les improvisateurs d’avoir révisé l’actualité de l’année 2018 et de se tenir informés tous les jours des événements en cours, susceptibles d’être proposés par un spectateur.
Le concept prend gentiment forme et les représentations ont lieu de novembre 2018 à février 2019 avec d’excellents retours du public.
Ce projet a aussi été l’occasion de travailler avec des danseurs, des chanteurs, une équipe d’une quinzaine de personnes en tout.