2006: après deux casting à la Radio Télévision Suisse, je suis retenu pour présenter un nouveau jeu télé, complètement déjanté, produit par Back Up Productions: C mon jeu. Il s’agit d’un comedy game, dont les règles définies sont non seulement parfois injustes, mais en plus l’animateur (moi) peut à sa guise les contourner ou les modifier selon son humeur.
Pour mes débuts télévisuels, c’est le bonheur. Je peux m’amuser, déconner, pour certaines questions, je tourne au préalable des petites séquences comiques avec Christian Baumann: on s’amuse comme des fous. Je profite de cet article pour remercier Patrick Allenbach et Guy Sautter, les producteurs qui m’ont fait confiance et m’ont donné de nombreux conseils pour apprendre le métier d’animateur.

Après une sélection plus ou moins hasardeuse de quatre candidats, l’émission se déroule en 4 parties:
– Les quatre candidats doivent mettre des costumes accrochés à un porte-manteaux et, dès qu’ils ont tout revêtu, ils peuvent prendre place autour d’une cible avec des parts totalement inégales. Après qu’ils sont en place, je tourne la flèche de la cible qui va désigner un premier candidat qui est directement éliminé! Inutile de dire que, pour avoir le moins de chance d’être viré, il faut choisir la part la plus petite de la cible.
– Les deux manches suivantes sont composées de jeux divers (trouver à partir de définition des mots terminant par une syllabe donnée, répondre aux questions en remplaçant une lettre par une autre – l’occasion de faire dire des gros mots aux invités -, reconnaître des personnalités que j’imite très mal, …). Chaque bonne réponse rapporte des points. A la fin de la manche, un éliminatoire a lieu. Il s’agit à nouveau de jeux divers, mais ou souvent la chance décide du sort des candidats. Par exemple, derrière trois portes, il y a deux policiers et un voleur, il ne faut pas tomber sur le voleur. Ou encore, trois carafes d’eau opaques sont remplies d’un volume différent, il ne faut pas tomber sur la moins remplie (je verse parfois à côté!). Ou encore, trois verres de jus de tomate dont un est à moitié du Tabasco, il faut vider son verre (évidemment que boire un verre de Tabasco…). Le seul avantage d’avoir remporté le plus de points dans la manche est la possibilité de choisir en premier la porte ou la carafe, sans évidemment que cela garantisse une victoire.

– Après la troisième manche, il ne reste qu’un candidat qui va pouvoir jouer à la finale pour gagner un vélo, un scooter ou une télévision, en répondant au “quiz décalé” : 10 questions, il ne faut pas répondre à la première, puis donner la réponse de la première question après la deuxième question, donner la réponse de la deuxième question après la troisième question et ainsi de suite. Très déstabilisant, surtout quand on a décidé que je jouerais des personnages qui pourrait troubler encore plus le candidat, comme Sakouince ci-dessous…

Petite anecdote: lors d’une émission, les candidats devaient choisir entre les trois verres de jus de tomate dont un était pimenté au Tabasco. Le but était que le candidat tombé sur le verre de Tabasco ne puisse pas finir son verre et que je l’élimine. Or, les trois candidats terminent leur verre et me regardent. Je suis un peu embêté et dois éliminer au bol un des candidats.
Après l’émission, je demande à l’accessoiriste de charger à mort le verre de Tabasco la prochaine fois que cet éliminatoire est prévu, pour être sûr que le candidat ne le termine pas.
La semaine suivante, l’accessoiriste remplit le verre moitié Tabasco, moitié jus de tomates: je goûte, c’est imbuvable. Mais c’est sans compter sur un candidat fou: lors de l’éliminatoire, il tombe sur le verre pimenté, mais il le termine! Je vois durant l’exercice qu’il souffre. Je récompenserai son effort en élimant un autre candidat.
Le courageux participant m’avouera quelques mois plus tard avoir passé la nuit aux toilettes!

Voici une émission de “C mon jeu” dans son intégralité!
Et ci-dessous, en exclusivité, un bêtisier des séquences vidéos qu’on faisait avec Christian Baumann.